Accueil - Sommaire - Bibliographie - Galerie de portraits.

 

13 – Fontenelle et les Espagnols.

Fontenelle à l'ile Tristan.

Fontenelle cherche à s'emparer d'une place plus importante que son château de Créménec, si possible un port de mer. Son choix se porte sur Douarnenez qui est à l'époque un gros bourg, défendu par une petite garnison commandée par Guengat. Celui-ci a négligé les défenses du bourg et s'est installé sur l’île Tristan en face du port, pensant qu'il aurait le temps d'agir en cas d'attaque sur le bourg. Fontenelle toujours bien informé, arrive devant Douarnenez au petit matin, lance son attaque à la fois sur le bourg et sur l'île Tristan, Guengat est surpris au lit ; Fontenelle fait un grand nombre de prisonniers et s'empare d'un important butin qu'il fait transporter au Créménec. A l'aller comme au retour, il est passé près de Quimper sans que la garnison ne réagisse. Kermoguer et Dupré disent de lui : " Cet aventurier n'est pas redoutable . " Quand le roi apprend l'attitude passive de la garnison de Quimper, il convoque Dupré à Paris et demande au prévôt de le pendre. Il faudra l'intervention de plusieurs Grands pour qu'il ait la vie sauve, après avoir promis d'aller déloger Fontenelle de l'île Tristan. Entre-temps, Fontenelle a fait fortifier l'île Tristan, faisant démolir des maisons du bourg pour construire un fort qui s'élève rapidement.

Plogastel-Saint-Germain.

Les paysans inquiets se mettent en armes de tous côtés et se regroupent à Plogastel-Saint-Germain. Ils demandent à Vincent de Granec de prendre la tête de leur expédition. Fontenelle déclare : " La populace n'est rien contre des gens de guerre . " Il leur tend une embuscade. Les paysans sont près de 1500, lui n'a que 400 hommes. Il les attire dans une lande et les coince entre deux haies puis se précipite sur eux avec ses chevaux. Mille paysans sont tués, les autres dont Vincent de Granec sont amenés prisonnier à l'île Tristan. Fontenelle n'a perdu que trente hommes. À la nouvelle du massacre, la garnison de Quimper vient mettre le siège à Douarnenez. Dupré est tué, les royalistes n'ayant pas d'artillerie doivent abandonner le siège.

Fontenelle à Penmarch.

Penmarch est à l'époque un des ports les plus riches de la côte bretonne. Près de 700 navires sont armés pour la pêche à la morue et aux harengs. Les habitants deviennent brusquement inquiets après les événements de Plogastel Saint-Germain. Ils font élever deux forts, un à Kérity, l'autre en l'église de Tréoultré. Fontenelle vient à Penmarch et se présente aux habitants en ami. Il a une petite escorte, bavarde, accepte de boire et de jouer aux quilles avec eux. Pendant qu'ils se divertissent , il a chargé quelques hommes de son escorte d'observer les lieux. Quelques jours plus tard il revient, se montre toujours aussi aimable. Les habitants prennent l'habitude de le voir. Cette fois, il revient avec toute sa troupe, les habitants confiants n'organisent pas de défense. Il fait enfermer toute la population dans l'église de Tréoultré, les femmes sont violées puis massacrées. Fontenelle ne participent pas lui-même aux atrocités mais il laisse faire. Il s'empare au fort de Kérity d'un immense butin qu'il fait transporter à l'île Tristan et rejoint Douarnenez avec un convoi de prisonniers.

"  Les prisonniers furent traitées à la turque, par tourment et toutes sortes de pauvreté et de disette. Ceux qui avait aux moyens de parents, pu trouver promptement la rançon, sortaient à demi-morts ressemblant plutôt à des anatomies ou spectres hideux, n'ayant plus que la peau et les os, chargés de puanteur et de vermine . " Chanoine Moreau. Histoire de la Cornouaille.

Fontenelle vient à Nantes par mer et à cette occasion, il se fait faire un magnifique costume fourré d'hermine et garni d'une infinité "  de perles et de pierres précieuses. " Fontenelle n'est pas condamné par Mercoeur pour ses atrocités, il a pourtant fait déshonorer toutes les femmes de Penmarch, fait mourir près de 5000 personnes et fait incendier plus de 1000 maisons.

L'affaire de Penmarch va entraîner la réaction de Sourdéac, le gouverneur de Brest. Il va investir Penmarch où Fontenelle a laissé une importante garnison. Elle est passée au fil de l'épée. Il tient une réunion à l'évêché de Quimper et avec 4000 hommes et de l'artillerie, il met le siège à Douarnenez. Son artillerie installée à Tréboul tonne pendant plusieurs jours sans résultat. Il fait venir des navires de Brest pour faire le blocus par la mer. Le siège dure depuis quarante jours et Fontenelle commence à manquer de vivres, il est sur le point de se rendre, quand Sourdéac lève le siège, sans doute a-t-il craint l'arrivée des Espagnols.

La trêve.

Mercoeur négocie une trêve avec les royalistes et ceci malgré la promesse faite aux Espagnols de ne pas traiter sans leur accord. D'Aguila écrit : "  Jusqu'à cette heure, Mercoeur n'a pas signé de trêve mais on pense qu'il y arrivera. Il y a lieu de soupçonner ses intentions quoiqu'il dise qu'il restera toujours ferme . " Le 14 décembre, la trêve est signée pour quatre mois.

Les Espagnols décident de se porter au secours de Fontenelle. Don Juan d'Aguila écrit : "  Je partis porter secours au fort de Fontenelle, lequel se perdait si on avait tardé quatre jours. Comme mon armée avait beaucoup souffert, je résolus de la porter à Penmarch où est arrivé un envoyé de Mercoeur me disant qu'il a conclu une trêve et me demandant de me retirer. " D'Aguila refuse considérant l'importance stratégique du fort de Fontenelle.

"  C'est une place inexpugnable, qui ne peut se prendre que par la trahison . "

Fontenelle dans le Léon puis à Quimper.

Profitant de la trêve, Fontenelle reprend ses courses dans le Léon. Il arrive à Plounéventer, chez un riche propriétaire nommé Parcevaux. Celui-ci a une fille de 12 ans, Marie, très belle et très gracieuse. Fontenelle en tombe amoureux. Comme à son habitude il sait se montrer aimable, cache son jeu, puis revient quelques jours plus tard, en l'absence de Parcevaux, il fait vider le château et emporte Marie avec lui. Une lettre parviendra à Parcevaux de Saint-Malo, l'informant que Marie a été mise dans un couvent jusqu'à l'âge de 15 ans et qu'ensuite elle deviendra la femme de Fontenelle.

Saint-Luc est informé que Fontenelle prépare une attaque sur Quimper avec dit-on des intelligences dans la ville. Le gouverneur est rapidement soupçonné. Interrogé, il avoue et propose de tendre une embuscade qui réussit. Fontenelle est fait prisonnier, les habitants demandent qu'il soit remis à la justice. Sourdéac propose de le conduire à Brest et de le tenir étroitement jusqu'à ce qu'il livre Douarnenez. Saint-Luc décide de le conduire à Rennes et envisage de le libérer contre rançon. Après plusieurs mois de captivité, il est libéré contre une rançon de 14.000 écus. Les Quimpérois sont furieux. Pendant sa captivité, Fontenelle a fait parvenir une lettre à Don Juan d'Aguila assurant qu'il est prêt à servir le roi d'Espagne : "  Je ne doute pas ce qu'il dit, écrit Don Juan d'Aguila, à cause du tort que lui ont fait les ennemis et du peu d'assistance qu'il a trouvé chez le duc . "

Le roi reçoit l'absolution du pape.

Le roi entend la première messe à Saint Denis le 25 juillet 1595, elle est célébrée par Philippe du Bec ancien évêque de Nantes. Mercoeur se moque de cette conversion, les livres et écrits parlant du roi sont condamnés pour libelles factieux et il fait adopter le concile de Trente.

Le pape accorde l'absolution au roi à trois conditions :

la messe en Béarn,

la publication du concile de Trente et

une nouvelle et solennelle abjuration.

C'est un coup dur pour les ligueurs. Quand on apprend à Rennes l'absolution du pape au roi, une procession solennelle est organisée entre la cathédrale et l'église de Toussaint pour célébrer l'événement. L'évêque de Rennes, Hennequin meurt peu après et est remplacé par Arnaud d'Offat, l'homme qui a souvent servi d'intermédiaire entre le pape et le roi.

Avril 1596, Mercoeur fait une grave maladie qui l'amène à une telle extrémité qu'on le tient pour mort.

Assemblée de Loudun.

Les huguenots qui n'ont toujours pas obtenu satisfaction, se réunissent à nouveau à Loudun. Les délégués viennent voir Duplessis-Mornay à Saumur pour qu'ils plaident leur cause auprès du roi. " Tous les députés viennent ici me voir, écrit Duplessis-Mornay au roi. Je n'ai rien reconnu en eux qui ne tendent au service de votre Majesté et au repos public. Les plaintes sont néanmoins grandes, tant des oppressions qu'ils souffrent que du peu de remèdes qu'ils y ont trouvé. Je les ai assurés qu'ils en recevrait bientôt contentement. "

Correspondance de Duplessis-Mornay.

Le 11 mai, il revient à la charge : "  Je reconnais que bien grandes sont les affaires que votre Majesté a sur les bras mais si j'ose dire, celle-ci n'est pas à négliger. " Puis il écrit : " Je persiste en l'avis que j'ai donné à votre Majesté, d'envoyer quelques personnages notables de votre conseil catholique pour leur faire entendre votre volonté et écouter leurs doléances. "

Le synode écrit au roi qu'il ne peut se satisfaire de l'édit de 1577. "  On devrait représenter à votre Majesté que ces édits ne peuvent plus être pris en compte. Ce qui nous déplaît, c'est que nous soyons contraints de lui présenter ici ce qui nous touche. " Juillet 1596, le roi se décide enfin à envoyer à l'assemblée de Loudun deux représentants Vie et Colignon. Le premier est catholique, le deuxième protestant. Ils demandent le déplacement de l'assemblée de Loudun à Vendôme.

Le maréchal de Brissac, gouverneur de Bretagne.

Il est nommé par Henri IV pour remplacer Saint-Luc qui est rappelé à Paris. Le 25 octobre il se présente devant le Parlement de Bretagne. Les affaires de Mercoeur sont au plus mal. Il ne peut plus se servir du prétexte de la religion, le roi ayant reçu l'absolution du pape. Le légat va d'ailleurs le rappeler à l'ordre. Mercoeur ayant écrit dans une ordonnance : jusqu'à ce qu'il ait en France un roi catholique,  le légat lui adresse une note le 30 septembre 1596 : " Je suis étonné que votre Excellence ignore qu'il y a en France un roi très chrétien puisque sa Sainteté lui a donné l'absolution , le traite comme tel et tient un légat auprès de sa personne. Sa Sainteté veut de plus que tous le tiennent comme tel . "

Deuxième conférence de Chenonceaux.

Elle s'ouvre sous la présidence de la reine Louise. La délégation du roi est composée de Schomberg, de Thou, Duplessis-Mornay et Rochepot. Mercoeur est représenté par la Ragotière. Le 28 octobre, Duplessis-Mornay écrit au roi : "  Les articles tant généraux que particuliers ont été disputés en présence de la reine. Sur les difficultés qui s'y sont rencontrés, la Ragotière a désiré se retirer pour mieux en préserver les raisons et il promet de revenir le 18 novembre. De l'issue, Sire, nous n'osons juger . " Correspondance Duplessis-Mornay.

Les prétentions de Mercoeur sont exhorbitantes. Il veut que le roi lui conserve le gouvernement de la Bretagne, qu'il gratifie les prélats, les seigneurs et les capitaines qui soutiennent le duc, qu'il assure la survivance du gouvernement à son fils si Dieu lui en donne un, sinon à celui qui épousera sa fille. Mercoeur comme d'habitude joue le double jeu, pendant qu'il négocie avec le roi, ils demandent des renforts aux Espagnols. Schomberg qui a bien compris les intentions de Mercoeur, réunit à Angers les gouverneurs des provinces voisines pour les préparer à la reprise de la guerre dès la fin de la trêve

 

Reprise de la guerre.

Début 1597, la guerre reprend, Henri IV subit une grave défaite devant les Espagnols qui s'emparent d'Amiens. Plusieurs courriers sont interceptés entre les Espagnols et Mercoeur. Un jeune homme de Beauvais nommé Lacroix, venant d'Amiens est trouvé porteur d'une lettre du cardinal Albert pour Mercoeur. Passant par Saumur, il est arrêté par les hommes de Duplessis-Mornay. Interrogé, il avoue avoir caché ses papiers dans une écurie. Dans la lettre qui est décodée, le cardinal Albert exhorte Mercoeur à rester étroitement lié aux Espagnols. Une deuxième lettre destinée à Ledesma annonce l'arrivée incessante de renforts venant d'Espagne. Quelques jours après, un courrier de Mercoeur est également intercepté. Mercoeur parle de trêve jusqu'en juillet 1597 mais qu'ensuite, avec les renforts venus d'Espagne, sa position se trouvant renforcée depuis la prise d'Amiens, il s'engage à reprendre le combat. A Nantes, Mercoeur fait courir le bruit que le roi est malade.

Fontenelle et les Espagnols.

Ledesma propose à Philippe II d'aider Fontenelle. Il écrit en avril 1597 : " J'ai sondé un gentilhomme nommé Fontenelle. Il a huit à dix navires de guerre bien armés et il dit qu'il en aura plus de 12. Avec ces navires et les 4 du gouverneur de Belle-Ile plus les 4 qui sont à Blavet et les huit autres que peut armer le duc de Mercoeur, on pourrait sans grande dépense, produire quelques effets. La reine d'Angleterre quant à elle prépare une armée navale . " Fontenelle s'empare d'un navire anglais, tente de pénétrer dans la rade de Brest mais est repoussé par Sourdéac. Après cet échec sur mer, il reprend ses méfaits en Cornouaille en attaquant Quimper.

Il conserve des relations avec les ligueurs quimperois. L'hiver a été terrible, les armées ont vécu sur l'habitant pendant plusieurs mois, des impôts ont été prélevés deux fois, une fois par la Ligue, une fois par le roi. Fin mai, Fontenelle envisage d'attaquer Quimper mais un espion a prévenu Kermoguer qui, bien que piètre militaire, l'oblige à déguerpir. Le 30 mai, il revient avec 1200 cavaliers et de 2000 fantassins. Par chance, le gouverneur de Concarneau est dans la ville avec ses cavaliers. Quand Fontenelle arrive place saint Mathieu, le gouverneur se précipite sur lui avec ses cavaliers, Fontenelle croyant être à nouveau tombé dans une embuscade, se replie. À la sortie de la ville, les royalistes se jettent sur les fuyards qui vont laisser une centaine d'hommes sur le terrain. La vengeance de Fontenelle sera terrible, ce sera le massacre de Pont-Croix.

Pont-Croix, petite ville du cap Sizun, n'est pas fortifiée. La ville a une petite garnison commandée par Villerouart. Celui-ci ne supporte pas les exactions des hommes de Fontenelle et quand il en surprend, il les fait pendre. Les habitants de Pont-Croix entreprennent de fortifier l'église Notre-Dame de Rescudon. Fontenelle se dirigeant vers Pont-Croix avec toute sa troupe, les paysans sonnent le tocsin, se réfugient dans la ville et se barricadent comme ils peuvent. Fontenelle les repousse vers l'église où ils s'enferment. Les portes de l'église sont forcées, les assiégés obligés de se retirer dans le clocher qui étant en pierre de taille est plus facile à défendre. Fontenelle fait amener de fagots de genêts verts qu'il fait brûler pour faire suffoquer les assiégés, il leur propose de parlementer, leur promettant la vie sauve. Villerouart sort le premier suivi du recteur Cosquer et de sa femme. Fontenelle fait violer publiquement, en pleine rue et à la face de son mari, la femme de Villerouart puis contrairement à ses promesses fait pendre Villerouart, le recteur et une partie des paysans aux arbres du cimetière, les autres sont conduits à l'île Tristan où ils vont mourir dans des cages et des cachots infectes.

Déboires des Espagnols..

Dès le mois d'avril, Ledesma écrivait à Philippe II : "  L'armée de Blavet est tout à fait au désespoir . " Les soldats ne sont pas payés depuis plusieurs mois. Le 5 juin 1597, trois heures avant le jour, les compagnies se sont révoltées. Elles mettent en prison Don Juan d'Aguila et tous les officiers. La révolte est dirigée par un sergent nommé Guerrero. Les rebelles disent :  "  Qu’ils ne demandent rien d'autre que d'être payés . " Ledesma demande à Philippe II d'envoyer de l'argent pour mettre fin promptement à la révolte.

Une flotte de 120 navires espagnols fait route vers la Bretagne. Sourdéac en est averti, il convoque à Landerneau la noblesse bretonne et demande à tous les gouverneurs de se tenir prêts. Le jour de la Toussaint, la flotte est en vue, Sourdéac fait sonner le tocsin dans tous les paroisses de la côte. Une formidable tempête se lève et en deux heures le 2 novembre 1597, la flotte espagnole rejetée à la côte est anéantie près du Conquet.

État de la population.

Les registres de Bretagne dépeignent les calamités que connaît le pays en ces années noires. " Les soldats après avoir épuisé toutes les cruautés que la corde, le fer et le feu ont pu leur fournir pour extorquer l'argent aux laboureurs et aux marchands, après avoir pillé les maisons, enlevé le bétail, violé les femmes et leur fille sans distinction d'âge, ils ont enfermé les femmes et les enfants dans des cachots, les vivants accollés aux cadavres des morts .  Les pauvres mangent de la vinette (oseille sauvage), ils craignent de faire du feu pour ne pas se faire voir, et meurent dans les fossés. Les loups trouvant les paysans morts s'accoutumèrent si bien à la chair humaine que par la suite pendant sept à huit ans, ils attaquèrent les hommes même armés. Quant aux femmes et aux enfants, il fallait les enfermer dans les maisons car si quelqu'un ouvrait la porte, il était souvent happé hors de la maison par les loups . " Chanoine Moreau. Histoire de la Cornouaille.

À la famine vient s'ajouter la peste qui va frapper la province. Au début on cherche à isoler les malades mais leur nombre devient si grand que cela devient impossible. La population de certaines paroisses se réduit de 20 à 30%.

L'attentisme des huguenots.

Pendant que le roi tente de reprendre Amiens aux Espagnols, les protestants continuent de se réunir à Saumur puis à Châteaudun et à Chatellerault à partir de juin 1597. Les réformés envisagent même de reprendre les armes sous les ordres du duc de Bouillon et de la Trémoille. Ils se proposent de se mettre sous la protection de la reine d'Angleterre et se préparent à s'emparer de Tours. Le roi est réduit à de grandes extrémités. Il n'a ni argent ni soldats, il demande à ses représentants d'intervenir et d'exhorter les protestants : " de ne pas se prévaloir de la chute d'Amiens pour augmenter leurs prétentions . " Duplessis-Mornay arrive à convaincre les huguenots d'abandonner une partie de leurs revendications : les chambres mi-parties dans chaque Parlement, des juges non suspects dans toutes les juridictions. Certains vont même accepter d'aller aider le roi à Amiens. La Trémoille refuse, il va combattre les ligueurs en Poitou et le duc de Bouillon va guerroyer en Auvergne. Un livre parait traduisant l'état d'esprit des réformés : "  Plaintes des églises réformées de France sur les violences qui leur sont faites . " Après la reprise d'Amiens, Henri IV va se souvenir de l'attitude de ses frères protestants et il aura pour certains des paroles menaçantes. Le duc de Bouillon et la Trémoille sont particulièrement visés. Dès qu'il est question que le roi vienne en Bretagne, les protestants vont s'inquiéter, le roi pourrait faire un détour par Chatellerault et imposer ses vues.

Ouverture des Etats de Bretagne.

Le 12 décembre 1597, les Etats de Bretagne s'ouvrent à Rennes, Schomberg muni d'une commission spéciale du roi annonce l'arrivée prochaine du roi en Bretagne mais dit-il, le roi ne peut venir que s'il a les sommes nécessaires pour faire la guerre. Les Etats consentent à payer 100.000 écus et 50.000 qui seront donnés au pied de sa Majesté. Un impôt est levé de trois écus sur chaque pipe de vin du pays et de six écus sur chaque pipe de vin étranger plus un impôt de sept livres sept sol par feux.

Accueil - Sommaire - Bibliographie - Galerie de portraits.