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2 – La conjuration d’Amboise.

La conjuration ou le Tumulte d’Amboise.

Depuis l’avènement de Francois II, les persécutions sont de plus en plus vives contre les protestants. "Les plaintes étaient grandes des cruautés exercées contre les nouveaux évangélistes. " Tavannes - Mémoires.

Les autorités protestantes de Genève et en particulier Calvin demandent à leurs fidèles de patienter et de prier. "Ce n'est qu'avec des prières qu'il faut affronter cette tempête. " Mais en même temps, Théodore de Béze écrit : "On nous demande souvent s’il est permis de s'insurger contre ceux qui sont les ennemis non seulement de la religion mais encore du royaume. Le roi est mineur, on ne peut donc invoquer son autorité et s'appuyer sur elle. "

Les " mal-contents " écrivent que les princes étrangers possèdent le roi. Ces " mal-contents " sont non seulement des protestants mais aussi des catholiques insatisfaits de la situation du royaume. Ils détestent les Guises et se retirent sur leurs terres. Ils supportent mal la politique royale qui vise à restreindre leurs privilèges fiscaux et exige d’eux discipline et obéissance. Les princes étrangers sont les Guises, oncles de la reine Marie Stuart. Ils viennent de Lorraine et contrôle l’Etat depuis la mort de Henri II.

A Strasbourg, Hotman rédige un texte qui résume les griefs des protestants. Le premier but des opposants est d'obtenir une audience du roi. Ils veulent surtout donner à leur mouvement une forme légitime. C'est le mot qui revient sans cesse dans leur texte. " Ils s'engagent à n’attenter aucune chose contre la Majesté du roi et des princes de sang. " De son côté, Louis de Condé, frère du roi de Navarre prépare un projet avec ses amis. La Renaudie se propose pour être l’exécuteur de la conjuration. La Renaudie est un noble périgourdin qui a eu des ennuis avec la justice. En 1546 à la suite d'une plainte de du Tillet, il a été condamné par le tribunal de Dijon pour faux-monnayage. Emprisonné, puis élargi, il prétend que ce Parlement était plein de ses ennemis. Il a une cinquantaine d'années. " Homme de bonne présentation et de grande intelligence " dit-on de lui. Calvin qu'il rencontre à Genève n'a pas sur lui une appréciation aussi positive. " Il manque de jugement " dit-il. La Renaudie a gardé une rancune particulière contre les Guises qui ont fait arrêter et exécuter son beau-frère. Il s'est retiré à Lausanne puis à Berne et après un voyage en France, il est de retour à Genève où il reçoit un bon accueil des réfugiés français. La Renaudie est assisté d’un conseil de capitaines parmi lesquels les deux frères Maligny appartenant à la famille de Vendôme. Calvin s’est récusé : " Si le fait me déplaisait, la personne de la Renaudie m’en dégoutait encore plus. " disait-il.

La préparation de la conjuration.

Le groupe de Genève commence à s'étoffer. Ils sont bientôt une soixantaine. Calvin a été consulté. Il suit avec attention les événements de France et pense que les Etats Généraux pourraient jouer un rôle de tuteur de la liberté du peuple. Il pense aussi au rôle que pourrait jouer le roi de Navarre, Antoine de Bourbon, premier prince de sang royal. Celui-ci refusant de s'engager, Calvin s’oppose au projet. Les conjurés de Genève trouvent un accueil chaleureux à Strasbourg, surtout après l'exécution le 23 décembre 1559 d’Anne du Bourg. La Renaudie entreprend de recruter des partisans d'abord à Lyon, puis en Périgord et en Bretagne. Ardouin parcourt la Provence, le Languedoc. A Nîmes, il rencontre l'opposition des pasteurs qui le traitent de libertin. A Aix-en-Provence, il aura plus de succès. De Lyon, de Provence, du Poitou puis d’Anjou et de Bretagne commencent à converger vers Nantes des hommes déguisés en marchands. La ville de Nantes a été choisie parce qu’à la date prévue pour la conjuration, le Parlement de Bretagne doit se réunir et qu'un important procès doit y être jugé " de sorte qu'on ne prit garde au nombre de personnes entrant en la ville. "

La Diète de Nantes.

La réunion de la Diète de Nantes est prévue pour le 1er février 1560. Sont-ils soutenus par les princes allemands et par la reine Élisabeth d'Angleterre? Il semble que oui. L'assemblée se réunit dans une maison appartenant à La Garaye. Ils sont près de 500, venus de toutes les provinces. Un conseil de six membres est constitué autour de La Renaudie. Les discussions sont vives autour des thèmes suivants :

- Le roi étant encore mineur, est incapable de gouverner.

- En cas de minorité du roi, les Etats Généraux doivent se réunir pour lui fournir un Conseil.

- Les princes de sang doivent avoir la première place dans ce Conseil.

- Les étrangers doivent être exclus.

- Les lois et statuts du royaume ne doivent pas être modifiés.

La date de la conjuration est fixée au 10 mars 1560 et les tâches sont réparties : Castelnau doit s'assurer de la personne du roi, Mazères est chargé d'éliminer les Guises. Tous doivent se diriger sur Blois, Tours et Orléans. La Renaudie est chargé de rendre compte du projet à Condé. Il se rend à Paris, loge chez l’avocat Avenelle au faubourg Saint-Germain et lui parle du projet. Celui-ci, inquiet mais aussi intéressé, confie le secret à du Tillet, secrétaire des Guises, il en sera d'ailleurs largement récompensé. Dès le 12 février, les Guises sont au courant des préparatifs de la conjuration. François de Guise décide de déplaçer la Cour de Blois à Amboise, le château d’Amboise se prètant mieux à la défense. " La petitesse de la ville et la force du château lui paraissant plus commode pour la sûreté de la cour ." Condé - Mémoires. François de Guise convoque à Amboise le connétable de Montmorency et ses neveux les trois frères Chatillon : d’Andelot, Gaspard de Coligny et Odet de Chatillon. Ceux-ci ne sont pas dans le complot. François de Guise leur demande ce qu'il faut faire : "Amnistie et liberté." disent-ils. Un édit est pris le 2 mars 1560 qui amnistie les "mal sentants de la foi " à l’exception de ceux qui conspirent sous prétexte de religion.

La conjuration tourne au fiasco.

Le baron de Raunay a prêté le château de Noizay aux conjurés. François de Guise persuade le roi que les luthériens veulent le mettre à mort. Les conjurés décident de retarder du 10 au 17 mars l'opération. La Renaudie sait que François de Guise ne dispose que de 500 à 600 hommes. Le 15 mars, le château de Noizay est assailli par le duc de Nemours. Castelnau, Mazères et Raunay sont arrêtés sans résistance. " Étant parvenu au lieu, le duc de Nemours parlemente avec eux. Ils répondent qu'ils ne veulent attenter aucune chose contre la Majesté du roi. " De Thou Mémoires.

Ils sont conduits avec leurs compagnons à Amboise, condamnés pour crime de lèse-majesté, certains sont décapités publiquement, d'autres sont pendus aux fenêtres du château. Malgré cette déconvenue, La Renaudie n’abandonne pas. Le 17 mars, les capitaines Cocqueville et Deschamps attaquent sans succès les portes de la ville d’Amboise, le 19 mars, La Renaudie est tué. La répression est terrible : noyades dans la Loire, pendaisons, décapitations. François de Guise dira :" J'en tuerai tant qu'il en restera. " Le 17 mars, il se donne à lui-même des lettres royales et signe "de l'avis du conseil" qu'il n'a pas consulté. On retrouve sur le cadavre du secrétaire de La Renaudie, le procès-verbal de la réunion de Nantes. La révolte éclate en Berry, en Guyenne, à Lyon, à Rouen. Une campagne de pamphlets est dirigée contre les Guises. Hotman écrit et fait publier un pamphlet nommé le Tigre dans lequel il fustige le cardinal de Lorraine, frère de François de Guise : " Tigre enragé, vipère venineuse, sépulcre d'abomination, jusqu’à quand abuseras-tu de la jeunesse du roi. Tu fais profession de prêcher la Sainteté, toi qui ne connaîs Dieu que de parole, qui ne tiens la religion chrétienne que comme un masque pour te déguiser … Qui ne vois rien de saint que tu ne souilles, rien de chaste que tu ne violes, rien de bon que tu ne gâtes…. Donc va-ten … Qu’attends-tu encore ? Ne vois-tu pas la patience des princes de sang royal qui te le permets ? Va donc malheureux, et tu éviteras la punition digne de tes mérites. "

Des conseils de clémence sont donnés à François de Guise. " En matière de conjuration, il suffit de punir les chefs sans rechercher trop curieusement tous les conjurés. Au contraire, il faut dissimuler bien souvent de les connaître afin que le supplice de quelques-uns donnent des frayeurs aux autres. " Castelnau - Mémoires. François de Guise n'en tiendra pas compte. Du 22 au 30 mars les interrogatoires et les exécutions vont se poursuivre. Un grand nombre de suspects chassés par les paysans sont arrêtés. Le chancelier Ollivier participe aux interrogatoires. Alors qu'il interroge un certain Picard, celui-ci va lui rappeler un épisode de sa vie que le chancelier garde bien caché. " Rappelez-vous, lui dit-il, étant écolier à Poitiers, vous tuâtes un camarade. Votre père ne voulut plus vous voir et pour ce meurtre vous avez laissé pendre un ami ." De-Thou - Mémoires Le chancelier blêmit, pris de tremblement, il fut obligé de s'aliter. Le cardinal de Lorraine venant lui dire à son chevet : " Résistez à l’esprit malin " le chancelier lui répondit : " Nous sommes tous damnés par votre faute. " Quelques heures plus tard, il mourut. Condé assiste à l'exécution de ses amis sans dire un mot. Catherine de Médicis se décide à reprendre les affaires en main. Michel de l'Hospital est nommé chancelier, Antoine de Bourbon, roi de Navarre est nommé au conseil de Régence et les Etats Généraux sont convoqués à Orléans. Michel de l'Hospital déclare : " Otons ces noms diaboliques, nom de parti huguenots et papistes. Ne changeons plus le nom de chrétiens. "

Le rôle des prédicateurs.

Les prédicateurs excitent le peuple contre les réformés. On affiche des libelles, on menace de les brûler. Si les rivières débordent comme ce fut le cas en 1560, on les accuse. A Rennes, les Cordeliers et le chanoine de Saint-Pierre organisent des processions qui se transforment en manifestations violentes. Le 25 juillet 1560, une procession pour demander à Dieu un temps favorable pour les moissons, passe devant la maison du médecin Melot connu pour être calviniste. Le médecin est frappé, mené en prison ainsi que sa femme et sa maison est pillée. Le sénéchal de Rennes réagit. Il fait arrêter le prêtre Audren pendant la messe, plusieurs prêtres prennent la fuite. Le pasteur Gravier saisit le gouverneur de Bretagne. Celui-ci pour calmer les esprits fait transférer à Nantes Melot et ses co-détenus pour être jugés par le Parlement.

La vicomtesse de Rohan qui habite le château de Blain obtient la permission de faire profession ouverte pour le calvinisme mais cette liberté n'est accordée qu’à elle et à ses domestiques. Le gouverneur constate qu'elle a fait inscrire toute la population de Blain. Pas dupe, il ne chicane pas et ferme les yeux. A Nantes, des placards sont affichés à la herse du château, le duc d’Etampes nomme douze citoyens pour maintenir la paix. En septembre 1560, les galères du roi entrent en Loire pour désarmer les habitants. Le comte de Bouillé accepte de rendre les armes quand " à la demande du corps de la ville, vingt notables eurent donné pour caution leur personne et leurs biens ." Grégoire - La Ligue en Bretagne. Les calvinistes constituent des églises à la Roche-Bernard, Chateaubriand, Ploërmel, Pontivy. A Nantes, ils se réunissent à la Furetière près de Saint-Donatien ou au Chapeau rouge sur la Motte saint Nicolas.

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Mort de François II. et colloque de Poissy

Le 5 décembre 1560, le jeune roi meurt. Le nouveau roi, Charles IX a dix ans. Catherine de Médicis devient régente. Elle fait libérer le prince de Condé qui avait été arrêté et condamné à mort, se débarrasse des Guises et arrête les persécutions. Catherine de Médicis va tenter une conciliation entre catholiques et protestants. Elle fait organiser un colloque dans la vieille abbaye de Poissy. Le souvenir de Saint Louis hante les lieux, c’est dans l’église toute proche qu’il a été baptisé. Le colloque s'ouvre le 9 septembre 1561 dans la vaste salle carrée du chapître. Toute la Cour est présente, le jeune roi Charles IX et la reine-mère, à leur droite Monsieur, frère du roi et Antoine de Bourbon, roi de Navarre, à gauche Madame, sœur du roi et Jeanne d’Albret, reine de Navarre. Coté droit le cardinal de Lorraine, les cardinaux de Châtillon et de Tournon, le chancelier Michel de L’Hospital et les docteurs de la Sorbonne, coté gauche les secrétaires d’Etat et de nombreux prélats, en face du roi une longue barre sans sièges, vide.  Le duc de Guise fait introduire le cortège des hommes vêtus de l’austère robe noire de Genève. Un cardinal murmure : "Voici les chiens de Genève . " A leur tête, Théodore de Bèze. Celui-ci demande au roi l’autorisation de prier, les hommes en noir s’agenouillent, prient quelques minutes en silence puis Théodore de Bèze récite : " Seigneur Dieu, Père éternel et Tout-puissant , nous confessons et reconnaissons devant ta Sainte Majesté que nous sommes pauvres, misérables pêcheurs. " Les douze hommes se relèvent et Théodore de Bèze commence son allocution, mettant très habilement en valeur les points d’entente des deux religions. Il parle de la virginité de la Vierge, puis des sacrements et enfin il en arrive au principal point de divergence : " Le corps du Christ est éloigné du pain et du vin autant que le plus haut ciel est éloigné de la terre…" Les prélats se lèvent indignés et crient : "Blasphemavit ! " Catherine impose le silence et invite Théodore de Bèze à terminer son discours. Les prélats recoivent le renfort du légat du pape, le cardinal de Ferrare. Une nouvelle séance se tient le 16 septembre où Despence lit le discours du cardinal de Lorraine. C’est un discours adroit qui ne ferme pas la porte à la négociation, coupable de gallicanisme pour le légat. Le 24 septembre, s’ouvre une troisième séance, le cardinal de Lorraine provoque un incident et le Père Laynez, général de la Compagnie de Jésus porte le coup final en rappelant que les problèmes de la foi ne sont pas du domaine des nations mais du Concile de Trente. Le 14 octobre c’est la clôture du colloque qui se termine sur un échec.

Catherine de Médicis, par l'édit de Saint-Germain du 17 janvier 1562 donne entière liberté de culte aux protestants en dehors des villes, l'autorisation de réunir des synodes et la reconnaissance des pasteurs à condition qu'ils prêtent serment aux autorités. Le Parlement de Paris refuse d'enregistrer l'édit. Il faut le contraindre par une lettre de jussion le 14 février 1562.

Incidents à Guérande et au Croisic.

L'église protestante du Croisic appelle le pasteur de la Roche-Bernard pour célébrer un mariage. Les protestants possèdent à l'époque l'église Saint Yves du Croisic. Quant les mariés arrivent, la foule est grande, attirée par le spectacle. Le pasteur décide de conduire la mariée à l'église Notre-Dame qui est plus spacieuse. Ceci va produire un scandale et l'évêque de Nantes adressera une note de protestation au duc d’Etampes. A Nantes les rapports sont difficiles entre catholiques et protestants. Le maire de Nantes, Guillaume Bouillant, écrit au duc d’Etampes le 31 juillet 1561 : " Nous avons été avertis que sont rassemblés un grand nombre d'hommes en armes en une maison appelée la Furetière et que les personnages délibérent d'entrer en ville en cet équipage. Nous sommes allés entre 6 et 7 heures du matin à la porte Saint Pierre avec le capitaine du château, nous avons trouvé un grand nombre d'hommes et de femmes faisant clameur et disant ces mots : " les huguenots se sont assemblés au nombre de 6 à 700 au bas du chemin de chez Patoureau ".

L'affaire du pressoir.

Les calvinistes nantais demandent un lieu de culte dans la ville. En novembre 1561, ils ont l'autorisation de se rassembler à Barbin aux portes de la ville, dans un pressoir qui appartient à un conseiller du Parlement. Dans la nuit du 7 au 8 décembre, le feu est mis au pressoir. L'émotion est grande dans la ville, plusieurs notables calvinistes se rendent immédiatement sur les lieux, parmi eux, d’Andelot et Lanoue. Le lieutenant chargé de l'enquête trouve rapidement les coupables et fait son rapport au gouverneur, le duc d’Etampes :

" Dans la nuit du 7 au 8 de ce mois, le feu a été mis au pressoir. Je me transportais sur les lieux et dressais procès-verbal de l'état des lieux. Une moitié de la couverture était tombée, le feu était encore ardent et brûlait en la charpente. Il y avait de grandes quantités de paille et de fagots qui avait été laissé pour mieux allumer le feu. L’un des fagots étant entier, je le fis enlever. Un certain homme qui avait la bouche grazillonnée, je le fis retenir prisonnier et avec le témoignage d'un jeune garçon, j'ai appris que le fagot ressemblait à d'autres fagots rangés au Loquidy, appartenant à l'archidiacre, peu distant du pressoir. Entré dans la cour du Loquidy, ils me semblèrent du même bois, pareille grosseur, pareille longueur et de même façon. J'interrogeais un serviteur que l’archidiacre tenait ordinairement pour le traitement des chevaux, qui déclarait que le dimanche précédent, un choriste de saint Pierre nommé Doulon et quatre autres de sa compagnie se disant envoyés par le suffragant, lui demandèrent de la paille. Sur son refus, ils s'en emparèrent et le mardi après l'incendie, Doulon l’avertit de le tenir secret. Je les interrogeais rapidement et les confrontais avec le serviteur ".

D’Andelot écrit lui aussi au gouverneur : " Monseigneur, arrivé hier en cette ville où nous voulions ouïr la parole de Dieu au lieu qui nous a été baillé, on nous a rapporté que cette nuit, il avait été brûlé par quelque séditieux. J'ai averti le sénéchal de son devoir de s’enquérir de ceux qui ont fait ce brulement". Les coupables seront découverts mais l'affaire restera sans suite.

Que s’est-il passé après l'incendie ?

Certains prétendent que dans leur colère, les protestants avec à leur tête d’Andelot, Soubise, Rohan et Lanoue seraient passés devant la cathédrale Saint Pierre, qu’ils seraient rentrés à cheval, bousculant les fidèles.

Le procès-verbal du prévôt ( 31 décembre 1561 ) dit :

" Nous avons rencontré plusieurs personnes épouvantées qui disaient que des gens en armes auraient pénétré en l’église Saint-Pierre, tant à cheval qu'à pied, y faisant plusieurs insolences, faisant lever et fuir les gens assemblés pour assister à la prédication. " La version de d’Andelot est très différente : " Nous passions devant le temple Saint Pierre. Les gens qui y étaient aux tours du portail se sont efforcés de nous offenser en nous jetant des pierres, l’une m’étant passé bien près de la tête. " D’Andelot a demandé au sénéchal d'intervenir. " Je vois que ses négligences précédentes ont toujours nourri de tels troubles et que l’on ne doit pas espérer découvrir la vérité. " Le lieutenant et les procureurs du roi arrivent sur les lieux. Les procureurs entrent dans l'église faire leur enquête, le prévot, resté sur la place, écrit dans son rapport : " Nous sommes restés dehors et comme nous leur disions qu'il ne fallait pas se quereller, nous avons reçu un coup sur le dos. Voyant que nous n'étions plus en sûreté et aussi que l'on commençait à sonner la grosse cloche, nous avons demandé au peuple de se retirer promptement, nous avons ordonné que la vérité soit faite sur le bruit de la première agression et nous nous sommes retirés. " Ces incidents marquent l'état de tension entre les communautés. Ce n'est pas encore la guerre mais on s’en approche.

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