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5 – La quatrième guerre de religion.

Une fausse paix.

Une fausse confiance s'est établie entre la Cour et les protestants depuis la paix de Saint-Germain. On fait semblant de vouloir s'allier aux princes protestants d'Allemagne et d'Angleterre mais déjà il semble que se prépare le massacre des protestants. Le roi fait assassiner Ligneroles parce qu'il en savait trop, il dit à la Guerche : " Voilà une belle occasion de se venger d'un ennemi qui m'a fait à moi-même un outrage dans une affaire que je voulais étouffer. " Le secret concernait la conjuration qui se passa l'année suivante contre Coligny et les protestants dont le duc d'Anjou avait fait la confidence à Ligneroles ." De Thou Mémoires.

De Thou assure qu'il se tint à Blois, un conseil réunissant la reine, le duc d'Anjou, le cardinal de Lorraine, le duc d'Aumale, le duc de Guise , Biraque le garde des sceaux, sur les moyens d'exécuter le complot projeté contre Coligny et les princes protestants et que cette affaire fut discutée dans la salle même où dix-huit ans plus tard, le duc de Guise fut assassiné sur ordre d’Henri III. Des difficultés d'exécution firent que le complot fut différé.

Les protestants cherchent des alliés.

Les protestants reçoivent à La Rochelle, Ludovic de Nassau et l'émissaire du duc de Toscane . Le prince florentin veut entraîner la France dans une guerre contre l' Espagne. Téligné qui a participé aux discussions de La Rochelle vient à Paris pour tâcher de convaincre le roi de l'utilité d'un changement d'alliance. Le roi a de bonnes raisons de détester Philippe II : la préséance que l'Espagne a prise récemment auprès du pape et dans l'Empire mais il redoute la guerre et est jaloux de son frère, Henri d’Anjou, qui s'est montré un chef remarquable à Jarnac et à Moncontour. La reine-mère propose le mariage de sa fille Marguerite de Valois à Henri de Navarre et elle invite la reine de Navarre, Jeanne d’Albret à la Cour. Coligny est reçu à la Cour et rétabli dans ses fonctions. Des pourparlers sont engagés pour négocier le mariage de Henri d’Anjou avec Élisabeth d’Angleterre. Coligny qui connait la duplicité d'Élisabeth, ne croit pas au succès des négociations. Il pousse le roi vers la guerre dans les Flandres. Le 1er avril 1572, Français et Hollandais s'emparent de Briel, c'est le début de la révolte aux Pays-Bas. Lanoue s'empare de Valenciennes et Ludovic de Nassau de Mons.

 

Le mariage de Henri de Navarre.

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Le contrat de mariage entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois est signé le 11 avril 1572, une dispense étant demandé au pape. Coligny prend de plus en plus d'importance au conseil, l'ambassadeur d'Espagne en France écrit à son maître Philippe II à Madrid : " L’amiral gouverne. " Des négociations s’ouvrent avec l'Angleterre et un traité d'alliance est signé le 29 avril 1572. Dans le même temps, les Guises quittent la Cour : " sous prétexte que le roi semblant avoir oublié les services que cette illustre famille avait rendu à l'Etat et qu'il faisait mille caresses à leurs ennemis mortels. "Le pape refuse d'accorder la dispense. " On s'en passera " déclare Charles IX. Le cardinal Alexandrini, envoyé par le pape, rejoint la Cour à Blois. Il obtient une audience secrète sur-le-champ. Il demande au nom du pape que le roi renonce à son alliance avec les Turcs et qu'il marie Marguerite de Valois au roi du Portugal. " Le roi ayant pris la main du cardinal, lui donna une bague qu'il présenta au cardinal en disant : " Recevez ce gage de ma soumission au Saint-Siège et de l'exécution prompte du projet que j'ai formé contre les hérétiques. " De Thou - Mémoires.

Le 1er mai, le pape Pie V meurt et à la nouvelle de sa mort, le peuple ne peut cacher sa joie. Il est remplacé par Grégoire XIII. La reine de Navarre rejoint la Cour à Blois où elle est reçue avec beaucoup d'égards. Une nouvelle réunion secrète se tient à Saint-Cloud dans la maison de campagne de Gondi pour préparer l'assassinat de Coligny. Y participent : Catherine de Médicis, Henri D’Anjou, Henri de Guise, sa mère Anne d’Este et les deux italiens Biraque et Gondi. Il est prévu de profiter des réjouissances du mariage de Henri de Navarre pour se défaire des principaux chefs huguenots. La reine de la Navarre, Jeanne d’Albret quitte Blois en vue de préparer le mariage de son fils. Elle est à Paris le 15 mai 1572 et commence les préparatifs du mariage. Le 3 juin, elle se sent mal et est fièvreuse, son entourage et ses mèdecins lui promettent un rétablissement rapide, elle au contraire sent sa fin prochaine, son agonie va se prolonger six jours. Le roi, la reine-mère, Henri d’Anjou et sa future belle-fille viennent lui rendre visite. Le 7 juin, elle recommande son âme à Dieu, fait part à son fils Henri de ses dernières volontés, elle meurt le 9 juin. Comme on murmure que sa mort ne serait pas naturelle, le roi fait ordonner l’autopsie de sa tante.

A Nantes, l'édit de pacification passe mal. Les députés de l'évêché et du chapitre de Nantes viennent supplier le bureau de la ville de s'associer à eux auprès des commissaires royaux pour leur faire part des incidents avec les réformés. Le 30 juillet 1572, les commissaires du roi, Crespin président du Parlement de Bretagne et Tutot conseiller du roi reçoivent en séance solennelle le serment de tous les magistrats nantais de respecter l'édit de pacification.

Le 10 juillet, Henri de Navarre arrive à Paris avec ses amis gascons. Les prédicateurs vitupèrent contre les huguenots. Pendant ce temps, les préparatifs du complot se poursuivent. On projette de constituer sur la scène, en face du Louvre, une île flottante. Le duc d'Anjou devra occupé le premier cette citadelle, on fera une simulation de combat avec le prince Navarre, Coligny et les huguenots . Un signal sera donné pour tirer à balles et ensuite ces meurtres seront déguisés en une querelle élevée au milieu des divertissements. Le fort est effectivement construit mais devant la méfiance des huguenots, le roi le fait démolir. La date du mariage est fixée au 18 août. Le roi écrit à Coligny pour lui demander de venir à Paris et il invite le prévôt des marchands pour : "qu’il prenne les mesures convenables pour que l’arrivée de Coligny n’apporte aucun trouble. " De Thou Mémoires.

Malgré les exhortations de ses amis, Coligny obéit au roi. " La paix est faite. " leur dit-il et il est résolu à demeurer fidèle au roi. Contrairement à ce que pense Coligny, le roi ne veut pas s'engager dans la guerre. " Il ne trouvait pas dans son conseil, disait-il, parmi ces généraux, personne qui eut la fidélité, l'habileté, la vigilance qu'il aurait souhaité pour une si grande affaire. " Le 9 août, le conseil du roi se prononce pour la paix. Les huguenots continuent les préparatifs de guerre et le 13 août, trois mille d'entre eux se portent au secours de Mons où Ludovic de Nassau est assiégé par le duc d'Albe.

Les fiançailles d' Henri de Navarre sont célébrées au Louvre le 17 août. Le lendemain, on se prépare pour le mariage. Le roi, la reine Catherine et le duc d'Anjou se rendent à l'évêché où se prépare la nouvelle mariée. Henri de Navarre arrive accompagné de Condé, Coligny et d'une grande suite de princes protestants. Le pape n'a pas donné sa dispense, on va s'en passer. A la cérémonie, Marguerite de Valois refuse de prononcer le oui. Charles IX l'y oblige. Après la cérémonie, toute la cour se rend à l'évêché où est dressée la table du banquet. De retour au Louvre, le roi reçoit toutes les autorités de la ville, les membres de la Chambre des comptes, de la Cour des aides et du Parlement.

Un souper magnifique est servi, suivi d'un bal et d'un grand spectacle. Le lendemain, dîner chez le duc d'Anjou, nouveau bal, nouveau spectacle. Au cours des mascarades, Henri de Navarre et Condé étant déguisés en Turcs, on cherche à les humilier.

L'attentat de la rue de Bétisy.

Dans les coulisses de la fête, la préparation du crime continue. Une nouvelle réunion se tient au cours de laquelle Henri d'Anjou demande qu'on fasse appel à un tueur professionnel. On fait venir Maurevert qui reçoit toutes les instructions. Coligny habite rue de Bétisy. Le vendredi 22 août, Maurevert caché à proximité de la maison, lui tire un coup d’arquebuse et le blesse grièvement. Ambroise Paré vient soigner le blessé et réussit à extraire la balle. Damville fait prévenir le roi qui accourt immédiatement. La servante de la maison d’où a été tiré le coup permet d'identifier rapidement le coupable. Tout le conseil du roi est au chevet de l'amiral. Le roi paraît bouleverser. Est-il sincère ? Coligny lui dit à l'oreille : " Si votre Majesté tient à sa vie, qu'elle soit sur ses gardes. " Les protestants demandent une protection autour de Coligny. Henri d'Anjou fait désigner Cosseins avec 50 arquebusiers. Chacun sait à la Cour que Cosseins est l'homme des Guises. L'enquête progresse rapidement et désigne les Guises qui s'empressent de quitter Paris.

Le massacre.

Conseil secret au Louvre : Henri d'Anjou et la reine Catherine demandent au roi de laisser les Guises égorger les protestants et ensuite disent-ils on se débarrassera des Guises. Charles IX refuse. Bondi lui apprend que les Guises sont les auteurs de l'attentat contre Coligny et qu'ils ont agi avec l'accord d’Henri d’Anjou et de la reine Catherine et il ajoute : " Si le roi s'en prend aux Guises, il sera lui-même en danger. " Le soir du 23 août, nouveau conseil au Louvre, vers 9 heures du soir. On fait chercher le prévôt des marchands qui reçoit la consigne de fermer les portes de la ville, de tirer les barques, d'armer les milices bourgeoises et de préparer les pièces d'artillerie. Le roi donne son accord pour les massacres qui vont commencer aux premières heures du 24 août 1572. Le clergé fait sonner le tocsin dans la ville. " La ville n'était plus qu'un spectacle d'horreur et de carnage. Toutes les places, toutes les rues retentissaient du bruit que faisaient les furieux, en courant de tous côtés pour tuer et pour piller. Les chambres et les cours des maisons étaient pleines de cadavres et les rues regorgeaient tellement de sang qu’il s'en formait des torrents " De Thou- Mémoires. Le fleuve est couvert de cadavres. On massacre le 24 août toute la journée et le 25, le clergé fait à nouveau sonner le tocsin. On n’épargne même pas ceux qui étaient autour du roi de Navarre. Ils descendent dans la cour, on leur ôte leur épée et on les poignarde une partie dans le vestibule, l'autre partie dans la cour. Le 26, l'ordre est donnée à la province de suivre l'exemple de Paris. Coligny a été exécuté aux premières heures du massacre et son corps jeté par la fenêtre dans la rue.

 

 

 

 

 

La Saint-Barthélémy à Nantes.

Le 26 août, Montpensier, gouverneur de Bretagne qui a participé activement au massacre de Paris, écrit au maire de Nantes : " Messieurs, après tant de grâces dont on savait que le roi a usé envers l'amiral, lui ayant par 3 fois pardonné les conjurations, il a été si méchant de faire une nouvelle entreprise de tuer tant sa dite Majesté que la reine mère, Messieurs ses frères et tous les seigneurs catholiques étant à leur suite où vous pensez bien que je n'étais pas oublié. Mais Dieu qui a toujours fait paraître qu'il aime les siens, a voulu que la conspiration a été découverte et a si bien inspiré le coeur de notre roi que sur-le-champ, il a fait exécuter l'amiral ainsi que dix à douze des siens, tués en son logis et jetés sur le pavé. Cette exécution fut suivie contre les principaux de ce parti. Par là, l'intervention de sa Majesté est assez connue du traitement qui doit être fait des huguenots des autres villes ".

A cette lettre, est jointe une autre non signée: " Ordre est donnée par sa Majesté de tuer avec facilité, diligence et célérité comme juste jugement des conjurateurs et rebelles de cette exécrable conspiration, seul moyen d'apaiser les séditions, troubles et guerre civile qui désolent le royaume par l'effet d'une coupable indulgence. " Le maire Harrouys décide de ne pas faire connaître cette lettre au Conseil de la ville et de s'en tenir aux édits de pacification et il fait défense " aux habitants de se porter à aucun excès contre les réformés. " Le 8 septembre, arrive à Nantes une nouvelle déclaration du roi dans laquelle " Il place les calvinistes sous sa protection, seulement pour prévenir des troubles, il leur défend de faire assemblée pour quelque cause que ce soit jusqu'à ce qu' il ait pourvu à la tranquillité du royaume. "

En Bretagne, les huguenots prennent le chemin de l'exil. Ils partent vers la Hollande ou l’Angleterre. D'autres se réfugient à La Rochelle. Seule l'église de Blain va survivre. Louveteau, ministre à la Roche-Bernard, ayant appris que les massacres commencent à Rennes, décide de s'enfuir. Il achète un bateau pour passer en Angleterre et prend la mer avec sa famille et ses amis. La tempête l'oblige à se réfugier dans un port breton. Il est fait prisonnier et conduit avec ses amis à la prison de Saint-Renan. Une femme huguenote réussit à les faire sortir de prison, les conduit à Morlaix où ils peuvent s'embarquer pour l'Angleterre.

 

La Saint-Barthélémy en province.

Plusieurs villes suivent l'exemple de Paris : Orléans : 500 victimes, Rouen 500 victimes, puis Lyon où il y aura un millier de morts et Bordeaux 150. Certaines villes seront épargnés : Nantes, Toulouse, Bourges. Sur tout le territoire de la Bretagne, on comptera cinq victimes. A Paris, le massacre fait 1900 morts sur une population de 220.000 personnes. Au total sur l'ensemble du territoire français, on comptera de 10 à 12.000 morts, les massacres se poursuivant jusqu'à la mi-septembre.

Les protestants vont émigrer massivement vers l'Allemagne, la Suisse. Ils se retrouvent à Heidelberg, Genève, Lausanne, Berne, Strasbourg. Dans le Midi, ils se réfugient en lieu sûr et ils s'arment. A l'Ouest, ils se regroupent à La Rochelle ou ils émigrent à Jersey ou en Angleterre. Le roi craignant le désespoir des protestants écrit à tous les gouverneurs. Il leur demande de faire visite à toutes les villes protestantes et " de faire beaucoup de caresses aux protestants, de les instruire des massacres de Paris, que ce n'était en peine de leur religion, que cette conduite ne portait aucun préjudice aux édits qu'on leur avait accordé et que l'on avait en vue de prévenir une conjuration dangereuse ".

Condé et Henri de Navarre sont maintenus prisonniers au Louvre. Charles IX les faire venir pour tenter de les faire abjurer : " Depuis son enfance, leur dit-il, la tranquillité publique n'avait cessée d'être troublée par plusieurs guerres et par la grâce de Dieu, il avait pris toutes les bonnes mesures pour en étouffer les causes, que c’était sur son ordre qu'on avait tué Coligny et qu’on traiterait de la même façon tous les scélérats infectés des mêmes erreurs que lui. " Il leur dit qu'il voulait bien oublier le passé pourvu qu'ils acceptent d'abjurer de la doctrine qu'ils avaient embrassé et reviennent de bonne foi à la religion catholique et romaine.

Le pape et la Saint-Barthélémy.

Le pape Pie V apprend la nouvelle de la Saint-Barthélémy le 6 septembre 1572. La lettre est lue à l'assemblée des cardinaux. Le pape exulte de joie, il fait tirer le canon au château Saint-ange et commande à Vasari des peintures pour célébrer l'événement. Ces peintures sont toujours visibles au Vatican. A l'église Saint Marc, il remercie Dieu " d'avoir non seulement délivré le roi de France mais aussi le Saint-Siège. " Il publie un jubilé universel pour trois causes :

les ennemis de la vérité ont été exterminés en France.

la victoire sur les Turcs.

la victoire du duc d'Albe dans les Flandres.

Il fait organiser une procession à Saint Louis des Français où une messe est célébrée par le cardinal de Lorraine. Le 11 septembre, il fait chanter un Te Deum, fait frapper une médaille, enfin décide d'envoyer en France le cardinal des Ursins. Charles IX continue de faire pression sur Condé et sur Henri de Navarre pour qu’ils abjurent. Il va y arriver grâce à un pasteur nommé Sureau qui a été fait prisonnier et s’est converti. A la mort du roi de Pologne, Catherine de Médicis projette de faire élire comme roi de Pologne, Henri d’Anjou, frère du roi et prépare une délégation conduite par Montluc qui se rend auprès des élécteurs polonais.

 

 

Lanoue à La Rochelle

 

Lanoue et Louis de Nassau encerclés dans Mons, sont obligés de se rendre au duc d'Albe qui les remet à Charles IX. Celui-ci les reçoit avec chaleur et il demande à Lanoue de reprendre contact avec les Rochelais. Lanoue est aux portes de La Rochelle, le 5 novembre, on refuse de le laisser entrer, il se retire au village de Tadon où il reçoit la délégation rochelaise. La méfiance s'est encore accrue. On vient d'apprendre les massacres de Bordeaux.

- Je suis étonné, leur déclare Lanoue, que vous ayez oublié celui qui a reçu tant de blessures pour vous et qui a même perdu un bras pour votre défense.

- Nous savons qu'il y a un Lanoue qui a vécu dans une grande liaison avec nous, répondent les Rochelais mais il n'a jamais fait le personnage que vous représentez aujourd'hui. "

On lui permet enfin de rentrer à La Rochelle, la populace le regarde d'un mauvais oeil. Fin novembre, les espoirs de paix se sont évanouis, le roi passe ses troupes en revue et Biron est chargé d'organiser le siège de La Rochelle avec l'infanterie de Strozzi. Les Rochelais s'organisent, accumulent des provisions : blé, vin. Les escarmouches sont fréquentes et sont pour la plupart au désavantage des troupes royales. Dans le Midi, les révoltes se multiplient à Millau, Castres, Nîmes. La Gascogne, le Lauragais, le Bigorre et le pays de Foix sont sous le contrôle des protestants. Damville tente de reprendre Nîmes aux protestants.

La paix de La Rochelle.

Le cardinal de Lorraine est revenu de Rome avec dit-on : "  l'arrogance d'un homme qui se croyait maintenant le maître de la Cour. On voyait sur son visage cette joie insolente que le génie ne sut jamais cacher ni dissimuler dans la prospérité ". De Thou Mémoires.

Le frère batard du roi, Henri d'Angoulême tente une conjuration pour piller les maisons des riches sous prétexte d'hérésie. Un complice va parler et permettre d'arrêter les conjurés. Charles IX fait partir une délégation en Allemagne, conduite par Schomberg qui doit convaincre les princes allemands que dans ce qui s'est passé à Paris, le roi n'a aucune part et que : "  depuis l'orage, on n’avait insulté aucun protestant ni dans les villes, ni dans les campagnes et qu'on n’avait gêné la conscience de personnes . " La délégation de Schomberg rencontre Jean Casimir puis se rend à Leipzig et Dresde.

Henri d'Anjou écrit le 2 février depuis Saint-Maixent à Lanoue pour engager une négociation. La délégation royale comprenant Biron, Strozzi et Gadagne rencontre celle des Rochelais conduite par Lanoue comprenant le maire de La Rochelle et Morillon. Gadagne est porteur d'un message du roi : " Quoique Sa Majesté ne soit obligée de rendre compte de ses actions, cependant elle veut par une bonté singulière entrer en conférence avec eux . " Il fait ensuite un long exposé. Le roi promet la liberté de conscience et le libre exercice de la religion, à condition qu'ils acceptent de recevoir les commandants qu'on leur enverrait et qu'ils obéissent aux ordres. On ne s'entend sur rien et la conférence s'arrête. Le lendemain, les assiégés font une sortie, très meurtrière pour les troupes royales au terme d'un combat de six heures. Le 4 mars, nouvelle conférence de paix, nouvel échec. Lanoue quitte La Rochelle devant l'intransigeance du Conseil protestant, il est pour la paix, on dit aussi qu'il a eu une altercation avec un ministre. Le 14 mars, une lettre de Montgomery annonce que des renforts arrivent à La Rochelle. Le 7 avril, les troupes royales lancent une attaque qui échoue lamentablement par suite d'une mauvaise coordination entre les chefs. Cosseins est tué d'un coup d’arquebuse. Le 20 avril, les navires anglais transportant les renforts sont en vue mais la présence de la flotte royale les obligent à se replier sur Belle-Ile. Le 16 mai, sortie des assiégés par la porte Maubec, elle est très meurtrière. Enfin fin juin, la paix de la Rochelle est conclue. Le 6 juillet, Biron fait publier l’édit sur toutes les places de La Rochelle. L’édit amnistie tous les troubles depuis la Saint-Barthélémy et donne le libre exercice de la religion dans 3 villes : Nîmes, Montauban et La Rochelle. Les habitants de Sancerre continue de résister jusqu'à la mi-août. La quatrième guerre de religion s'arrête, elle a fait 30.000 morts.

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