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8 – Alliance des deux rois.

Les Etats généraux de Blois.

Décembre 1588, préparation des Etats généraux au château de Blois où arrivent les délégations. Le roi recevant ses amis le maréchal d'Aumont et d'Ornano leur dit à propos du duc de Guise : "  Il faut le tuer . " Henri de Guise perçoit la menace et démissionne de toutes ses charges. Les événements vont se précipiter et le 23 décembre, il est assassiné. "  Lorsqu'on le tuait, il disait : mon Dieu je suis mort, ayez pitié de moi. Ce sont mes péchés qui en sont la cause. Son corps fut jeté sur un tapis et laissé quelques temps exposé aux moqueries des courtisans qui l'appelaient le beau roi de Paris, surnom que lui avait donné le roi. Le roi qui était en son cabinet, en sortit et donna un coup de pied au visage de ce pauvre mort disant : " Mon Dieu qu'il est grand, il paraît plus grand mort que vif . " Pierre de l'Estoile. Mémoires.

Le cardinal de Lorraine, frère du duc de Guise est assassiné le même jour et le soir du 24, leurs corps sont brûlés et : "  les cendres furent jetés au vent afin qu'il n'en reste ni reliques, ni mémoires . " Pierre de l'Estoile - Mémoires.

Le roi écrit au maire de Nantes une lettre qui sera lue à l'assemblée de la ville le 30 décembre et dans laquelle il s'explique sur les événements de Blois. La mort du duc de Guise devient le signal de la révolte pour les Ligueurs, les prédicateurs se déchainent. Mercoeur, qui a reçu une lettre de sa soeur, la reine Louise, lui demandant de ne pas venir à Blois, pense à l'exécution de ses desseins. Il hésite à se prononcer ouvertement contre le roi, d'autant plus que l'armée royale commandée par le duc de Nevers est à Montaigu. Le roi compte sur la fidélité de son beau-frère même si Mercoeur reçoit très mal Lavardin, l'envoyé spécial du roi. La tension s'accroît entre Mercoeur et le maire de Nantes, Harrouys. Le roi informé des mauvaises dispositions de son beau-frère fait partir pour Nantes, une deuxième délégation conduite par le premier président du Parlement de Bretagne. Mercoeur le fait emprisonner au château d'Ancenis le 2 mars 1589, il procède à d'autres arrestations d'officiers dévoués au roi comme Dubreuil ou le chevalier de Pierre-Vive, commandant des galères et il fait débarquer l'artillerie des navires qu'il fait transporter au château.

Nantes choisit la Ligue.

Le maire Harrouys offre sa démission au Conseil qui la refuse. La duchesse de Mercoeur s'adresse à la foule : "  Il n'y a de salut à espérer que dans la Sainte Union. " dit-elle. Elle accuse quelques notables qui trahissent la ville, persuade Gassion de livrer le château aux Ligueurs et pousse le peuple à la révolte : "  Le roi est de mèche avec les huguenots, leur dit-elle, il persécute les catholiques et viole les droits les plus sacrés . " La population prend les armes, élèvent des barricades. Le maire Harrouys est mis en prison ainsi que le trésorier et quatre-vingts notables qui seront libérés contre rançon. Le premier échevin Fourché est placé à la tête de la nouvelle administration municipale qui est composé de soixante-dix-sept ligueurs. Un emprunt de 1800 écus d'or est lancé.

Rennes et la Ligue.

La Ligue s'organise autour de l'évêque Hennequin, qui est soutenu par l'évêque de Dol. Au Parlement de Bretagne, la Ligue compte quelques partisans : Carpentier, Launay, Bernard d’Argentré. La majorité du Parlement reste fidèle au roi. Le gouverneur de la ville Montbarrot prend dès le 4 mars 1589, des dispositions pour empêcher les manifestations de la Ligue. Le Parlement prend un arrêt exigeant le retrait des troupes de Mercoeur et la Hunaudaie est chargé de visiter les maisons des Ligueurs, tandis que le Montbarrot occupe les lieux forts de la ville.

La Ligue réagit le 13 mars, le chanoine de la cathédrale fait courir le bruit que les huguenots vont s'emparer de la ville et lance un appel aux armes. Les Rennais élèvent des barricades, la Hunaudaie et Montbarrot tentent de rassembler les hommes fidèles au roi, ils en trouvent peu. Assaillis, ils sont obligés de remettre les clefs de la ville à la Ligue et se réfugient dans la tour Morlaise. Le 21 mars, plusieurs conseillers au Parlement demandent à Mercoeur de les protéger contre les propos des prédicateurs. Mercoeur se croyant maitre de Rennes, va mettre le siège à Fougères, puis à Vitré qu'il assiège avec un millier de paysans. Mais pendant qu'il court la campagne, le roi écrit aux Rennais, leur demande de rétablir Montbarrot dans ses fonctions et leur fait comprendre  "  l'énormité de leur faute " .  Il dénonce la trahison de Mercoeur, demande à la noblesse de s'assembler et de fermer les portes de la ville à Mercoeur. Les Rennais se laissent convaincre et le 5 avril 1589, le sénéchal fait sortir dans les rues de Rennes une hallebarde qui crie : " Vive le roi ". Les partisans du roi libère Montbarrot et font prisonnier Charonnière, l'homme de Mercoeur et plusieurs ligueurs rennais. Rennes revient à l'obéissance du roi et lui restera fidèle durant toute la durée de la guerre. Les Etats de Bretagne récompensent le sénéchal d'une médaille de 350 écus. Le 7 avril, le Parlement de Bretagne décide que toute ligue contraire au roi est défendue sous peine de haute trahison, Mercoeur est déclaré rebelle et dépouillé de toutes ses charges. Le roi rend un édit le 12 avril transférant à Rennes la Chambre des comptes, le bureau des finances et la Monnaie puis quelques mois plus tard ce sera le tour de l'Université tandis que le présidial va s'installer à Châteaubriant. L'édit du roi est enregistré au Parlement de Bretagne le 20 avril.

Se déclarent pour le roi, les villes de Rennes, Saint-Malo, Vitré et, Châteaubriant, Brest, Quimper, en centre Bretagne les villes de Ploërmel, Josselin et Malestroit, en pays nantais les villes de Guérande, le Croisic et Clisson. Se déclarent pour Mercoeur, les villes de Nantes, Vannes, Redon, Dol, Dinan et Morlaix et dans la partie orientale de la Bretagne, Fougères, Craon, Laval, Sablé et Mayenne.

Alliance des deux rois.

Henri III envisage de descendre la Loire pour investir Nantes. Henri de Navarre le lui déconseille : "  Si le roi va en Bretagne, il est ruiné. Les raisons : ses ennemis feront courir le bruit qu'il fuit devant Monsieur de Mayenne. Le tort pour sa réputation sera immense dans toute la France et à l'étranger, bref c'est un voyage dont le dommage est certain et le profit impossible . " Un traité est conclu entre les deux rois, négocié par Duplessis-Mornay qui se traduit par une trêve d' un an entre catholiques et protestants. Les deux rois se rencontrent fin avril 1589 à Tours. Le peuple les acclament aux cris de " Vive les rois . " Les termes de l'accord restent secret pour ne pas déplaire au pape.

Les nouveaux gouverneurs..

En remplacement de Mercoeur, Henri III nomme le comte de Soissons au poste de gouverneur de la Bretagne et il lui donne Lavardin comme maréchal de camp. Le comte de Soissons venant prendre son poste à Rennes est fait prisonnier par les troupes de Mercoeur qui le conduisent à Nantes où il est enfermé au château. Il s'échappe au bout de trois semaines de captivité par une ruse. Il faisait faire sa cuisine chez un pâtissier de la rue du château et ses vivres lui était porté deux fois par jour dans un grand panier en osier. Les soldats ne contrôlant pas le contenu du panier, le comte de Soissons sort du château dans le panier puis quitte la ville par la porte Saint-Pierre et part pour Angers déguisé en paysan. Pour remplacer le comte de Soissons, le roi nomme à sa place le prince de Dombes. C'est un homme jeune, inexpérimenté, imprudent et souvent léger. Le comte de Soissons, après son évasion, accepte mal ce remplacement et le fait savoir bruyamment. Le roi ne changera pas d'avis.

Fin juillet, le prince de Dombes prend la route avec une nouvelle armée. Lavardin et une partie de la noblesse bretonne avec parmi eux Sourdéac, le marquis d’Asserac et Molac viennent à sa rencontre à Angers. Mercoeur déclare qu'il a pris les armes : "  pour sa défense et celle de la sainte religion. Uni d'intention et d'action aux différents chefs de la Ligue, il combat contre les prétentions de l’hérétique dans la province de Bretagne, qu'il est par sa position et par son origine amené naturellement à défendre . " Les évêques de Bretagne se prononcent pour lui, à l'exception de l'évêque de Nantes, Philippe du Bec, qui ne voulant pas s'associer à la révolte quitte son diocèse et se réfugie à Tours en septembre 1589.

La Ligue à Morlaix.

Le parti de la Ligue constitue la Sainte Union morlaisienne. Morlaix est à cette époque avec Saint-Malo, une des places de commerce les plus importantes de Bretagne. Morlaix a reçu de Charles IX le droit d'avoir un maire et des échevins et en 1566, un tribunal de commerce et une juridiction consulaire y sont créés. Mais le privilège le plus important est celui de la garde du château qui défend la ville. Morlaix a été pillé par les Anglais en 1528 et en 1541, Le roi a autorisé la construction d'une forteresse à l'entrée de la rivière sur un rocher : c'est le château du Taureau qui est achevé en 1552. Morlaix obtient le droit de choisir et d’appointer le commandant de la garnison. Pour désigner le commandant, la communauté de ville décide que chaque maire sera placé après une année d'exercice comme commandant du fort pendant un an.

Les Ligueurs se retrouvent trois fois par semaine au couvent des Jacobins, ils font réparer les remparts de la ville, renforcent le château de la ville et celui du Taureau, imposent aux paroisses environnantes l'adhésion à la Sainte Union et ranconnent les réfractaires. Toutes les paroisses acceptent à l'exception de celle de Plougonven, qui est tenu par Anne de Sanzai, châtelain de Bourouguel. Anne de Sanzai fait partie de ces hommes qui profitent de la guerre pour se livrer au pillage et à la débauche. Il a un lourd passé, neveu d’Anne de Montmorency, il a affronté les Barbares, été fait prisonnier et vendu comme esclave à Alger. Après son évasion, il rejoint une bande de pillards, se retrouve à la Bastille pour un an puis vient guerroyer en Poitou. En 1588, il se marie à Marie de Tromelin, châtelaine de Bourouguel.

L'assassinat de Henri III.

Le 1er août 1589, au matin, le roi Henri III est frappé à mort par le moine Jacques Clément. "  Le furieux tira un couteau de sa manche et avec une vitesse étonnante, il lui porta un coup dans le bas ventre. Le roi étourdi du coup, fit un cri, retira lui-même le couteau de la plaie et en frappa le meurtrier au-dessus de l'oeil gauche . " De Thou. Mémoires.

On croit que la blessure n'est pas mortelle, mais dès le soir, il a une forte fièvre. Il s'adresse à ses fidèles sur son lit de mort : "  Mes amis, je ne me plains pas de ma mort. On a toujours assez vécu pour son salut et pour la gloire quand on meurt dans le Seigneur. Une plus longue vie m'aurait exposé à voir, à souffrir et à faire beaucoup de choses contre mon gré. Personne n'a droit au trône avant le roi de Navarre. Vous n'avez personne au-dessus de lui . " Il fait écrire à Duplessis-Mornay : " Monsieur Duplessis, après que mes ennemis ont employé tous les artifices les plus dignes de leur félonie pour parvenir au but de leur trahison, voyant Dieu par sa grâce comme protecteur des rois, prenant soin du rétablissement de mon autorité, ils ont pensé n’avoir plus de salut que par ma mort et qu'il fallait mettre à exécution le dessein de conspiration . " Après quelques heures de souffrance, il meurt. Le pape Sixte-Quint apprenant la mort du roi, fait l'éloge de Jacques Clément, exalte le courage, le zèle du régicide et conclut qu'un projet si glorieux n'avait pu être exécutée que par une conduite admirable de Dieu.

Henri IV roi de France.

Dès le 2 août, à l'annonce de la mort du roi, le maréchal d'Aumont, d'Humières et Givry sont les premiers catholiques à reconnaître Henri IV. Le 4 août, un accord est signé par les principaux chefs de l'armée : le prince de Conti, le duc de Montpensier, Louis de Rohan, Biron, Jean d'O. Ils promettent de se soumettre au sujet de la religion à un concile général ou national dans les six mois. Mercoeur fait porter la nouvelle de la mort du roi à Rennes par le sénéchal de Fougères espérant un soulèvement de la population. Ce sera un échec, le Parlement le fait arrêter et pendre le soir même. En représailles, Mercoeur fait pendre au Bouffay un juge de Laval qu'il tenait prisonnier au château.

Le 7 août, le duc de Mayenne fait publier un édit désignant comme seul roi le cardinal de Bourbon auquel il donne le 21 novembre le nom de Charles X. Celui-ci est prisonnier de Henri IV au château de Chinon. Le roi le fait mettre en sûreté en le transférant à Fontenay-le-Comte.

Le prince de Dombes à Rennes.

Le 13 août, l'armée du nouveau gouverneur arrive à Rennes. Le prince prête serment à la cathédrale et le lendemain au Parlement de Bretagne. Il expose les motifs qui ont amené le roi a envoyer des forces considérables en Bretagne pour " s'opposer aux pernicieux desseins de ceux qui troublent le repos de ses bons sujets ". Le 4 septembre le prince de Dombes annonce au Parlement que le nouveau roi a promis de se faire instruire dans les six mois et de maintenir la religion catholique.

Hennequin, l'évêque de Rennes, zélé ligueur fait une longue allocution sur la puissance du pape, sur les excommunications lancées contre le roi de Navarre, les abominations qu'il y aurait à reconnaître un hérétique. De Rieux lui répond : "Le prince que vous appelez roi de Navarre est légitime souverain de tous les Français ". Le 11 septembre, le Parlement de Bretagne fait sa soumission au roi Henri IV. D'autres parlements, comme celui de Toulouse reconnaissent le cardinal de Bourbon s'appuyant sur la bulle d'excommunication. Le 22 octobre, le Parlement de Bretagne prête serment, il sera le premier à reconnaître le nouveau roi. Certains nobles font défection : le marquis de Belle-Ile qui remet Machecoul et Belle-Ile à Mercoeur.

Celui-ci a le désir de se proclamer duc de Bretagne en s'appuyant sur les droits prétendus de la maison de Penthièvre, mais il a peur de se découvrir et ne prétend agir que sous couvert de la religion. Il est pratiquement le maître de la Bretagne à l'exception de Rennes, Brest et Vitré. Saint-Malo, pour ne pas gêner son commerce reste dans une position ambiguë. Mercoeur lève le siège de Vitré que les paysans continuent de bloquer. Le prince de Dombes va les réduire par la force. Mercoeur perd aussi le château de Blain, le capitaine Legout, bien que catholique s'en empare avec une petite troupe de quarante-cinq hommes.

Le roi Henri IV, pour récompenser le Parlement de Bretagne de sa fidélité lui accorde un brevet confirmant ses privilèges, le 2 janvier 1590.

Quimper passe à la Ligue.

Le clergé, ecclésiastiques et religieux étaient depuis longtemps ligueurs mais ils étaient maintenus dans l'obéissance du roi par l'évêque Liscouet et par le sénéchal Jacques Laurens. Le 28 septembre, quand arrive à Quimper la lettre du Parlement de Bretagne reconnaissant Henri IV, le sénéchal vient en faire lecture devant l'assemblée de la ville. Des troubles sont déclenchés par les Cordeliers qui arrivent munis d'arquebuse, obligeant le sénéchal à fuir. L'administration de la ville est alors confié à Quélénec.

Morlaix et la Ligue.

Novembre 1589, le vicomte de Donges, lieutenant du prince de Dombes parcourt la région de Morlaix avec ses troupes pour empêcher la " picorée ". Le 4 novembre, un accord est signé entre deux conseillers au Parlement de Bretagne et les autorités de la Sainte Union de Morlaix où ils décident : " de ne point faire la guerre aux gens d'église, aux paysans, aux femmes et filles pourvu que les paysans mettent bas les armes et demeurent à labourer la terre ". Le 22 novembre, la Sainte Union décide d'admettre dans ses rangs, Anne de Sanzai qui en a fait la demande mais il ne vient pas prêter serment. Les troupes royalistes parcourent les paroisses voisines viennent s'installer dans son château. Les ligueurs, conduit par François de Carné, reprennent son château et commencent à le démolir. Encouragés de ce succès, ils s'attaquent au château de Tonquédec et de Coatfrec. Ils échouent et se replient à Morlaix.

 

Le Parlement de la Ligue.

Le 8 janvier 1590, Mercoeur constitue un Parlement de la Ligue à Nantes, composé de soixante-dix-sept membres, principalement des bourgeois. Il ordonne de nouveaux impôts, fait saisir les biens des huguenots et les fait vendre au profit de la Sainte Union. Il fait des approvisionnements de poudre et de boulets et interdit le commerce avec les villes qui ne sont pas dans l'Union. Le sénéchal, fidèle au roi est obligé de fuir. Le Parlement de Rennes réagit contre ceux qui usurpent son autorité, déclarant les conseillers du Parlement de la Ligue coupables de lèse-majesté, félonie et rébellion et leur postérité déclarée ignoble.

Dès que cet arrêt est connu à Nantes, le Parlement de la Ligue condamne à mort ceux de Rennes et annonce que " les textes du Parlement de Rennes seront brûlés place du Bouffay et jetés au vent. " Arrêt du 22 mars 1590.

L'Assemblée de la ville de Nantes organise la défense de la ville, on met hors la ville tous les suspects, les vagabonds et on interdit la sortie après 10 heures du soir. Les barrières et les portes sont remises en état. La milice bourgeoise est en permanence sous les armes non seulement aux portes mais aussi dans les faubourgs de Richebourg, du Marchix, de la Fosse et de Pirmil. Les exportations de blé sont interdites.

Saint-Malo entre le Roi et la Ligue.

Le sieur de Fontaine commande la ville pour le roi. Il s'est brouillé depuis longtemps avec les habitants qui se sont pratiquement soustraits à son autorité, ils se sont choisis quatre capitaines et avec un syndic ils forment un conseil qui dirige la ville, oubliant le gouverneur qui est caché dans le château. Ils achètent des canons, de la poudre et des boulets. Quand le 14 août 1589, la nouvelle de la mort du Roi arrivent à Saint-Malo, le gouverneur du haut des murailles demande à des enfants de parcourir la ville en criant : " Vive le roi ". Les parents reprennent leurs enfants, les punissent et lèvent des barricades dans la ville. Le gouverneur ne tente pas de reprendre la ville. Il pense que le roi qui est à Laval va venir à son secours. Les Malouins qui craignent une intervention du roi sont prêts à négocier. Le gouverneur ne lâche sur rien, Le roi ne viendra pas. Les Malouins décident de se débarrasser de Fontaine. Après deux mois de préparation, ils s'emparent d'une des grosses tours du château et le 13 mars 1590, Fontaine est tué. Les conjurés s'emparent de l'argent du gouverneur , il avait amassé une fortune dans le château. Cet échec du roi ne sera pas un succès pour Mercoeur. Saint-Malo refuse de recevoir la garnison proposée par Mercoeur et entend se gouverner toute seule. Elle restera comme une petite république pendant toute la guerre et quand l'évêque de Saint-Malo qui était à Rome veut regagner le palais épiscopal, les Malouins qui ont pris goût à l'indépendance le maintiennent prisonnier.

Accord entre Mercoeur et le roi d'Espagne.

Dès le mois d'août 1589, Mercoeur est entré en contact avec le roi d'Espagne, Philippe II. Le capitaine Lobien vient à l'Escurial demander des secours en argent, en hommes et en munitions. Philippe II confie à son agent Maldonado une mission secrète en Bretagne : " Voir de quelle manière s'est fait le rattachement du duché à la France et voir de quel côté incline les gens du pays." Deux rapports sont établis dont un rédigé par Georges d'Aradon, évêque de Vannes qui veut établir les droits de l'Infante d'Espagne sur la Bretagne. Le prince de Dombes apprenant l'accord conclu entre Mercoeur et Philippe II, par lequel le port de Blavet , aujourd'hui Port-Louis, est confié aux Espagnols, décide de s'emparer de la ville voisine, Hennebont, malgré les difficultés de l'entreprise, les villes de Vannes et Auray étant tenues par la Ligue. Avril 1590, il quitte Rennes et la place est investie le 2 mai. A Fontenay-le-Comte , le roi de la Ligue, le cardinal de Bourbon meurt. La Ligue est maintenant sans roi.

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